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Le paradoxe de la victime

Quelle violence pour les thérapeutes/ accompagnateurs/ santé de ne jamais pouvoir crier haut et fort parfois la violence des émotions qui nous traversent!

Il est vrai qu’avec tous les « outils » et le nettoyage du corps physique, je suis loin d’être en dépression profonde 15 jours par mois comme il y a 10 ans. La joie est souvent présente dans ma vie.

Mais parfois il y a un flow de tristesse qui me parcourt, je ne sais pas d’où il sort, ni où il va, mais je me sens presque gênée de l’admettre. Gênée parce que ou j’ai tous les outils, parce que, oui je teste des dizaines de choses pour être un terrain d’expérimentation pour moi-même et aussi pour me sentir légitime dans mes accompagnements.

Parce que me réinventer à chaque instant est nécessaire dans mon métier, que ça ouvre et ça me permet de m’adapter à un plus large panel de gens.

Cependant, parfois je me sens triste plusieurs jours d’affilés, le mental tourne en rond dans ma tête, et on (je) me dit : « ça va aller, tu as tout ce qu’il faut » Et j’ai envie de hurler que je suis une victime. Mais en fait non, c’est inadmissible d’être une victime, il faut être responsable, à chaque instant.

Schizophrénie dans ma tête, schizophrénie dans mon corps, et je sens que ça va se poursuivre tant que cela n’est pas reconnu, mis en lumière, vu et entendu.

Qui de mieux pour m’accompagner qu’un autre thérapeute ?

Je trouvais presque pathétique d’avoir autant d’amis et de chercher autant d’accompagnements externes. Mais en fait je me rends compte que c’est une preuve d’amour pour moi, de bienveillance et d’intelligence que je m’offre. Mes amis sont incroyables, et aussi de supers thérapeutes, mais ce n’est pas la même relation. Ca va dans les deux sens, je ne suis pas la thérapeute de mes amis …

Je me rends compte aujourd’hui du cadeau que je me fais à travers tous ces accompagnements. J’ai de la valeur, je me choisis, je m’offre des moments où je suis le centre de l’attention, le centre de mon monde, sans aucune culpabilité et avec beaucoup de présence.

Alors, SVP, arrêtez avec vos phrases toutes faites : « je n’ai pas besoin d’aller vois quelqu’un » > tout le monde en a besoin.


« J’irai voir quelqu’un quand ça ira vraiment mal » > Ha oui ?? génial tu pourrais juste éviter d’aller vraiment mal !

« Ca ne me parle pas du tout » >  est-ce que tu as déjà demande à ton corps/mental/ émotions si ça leur parle ?

Offre-toi cet espace rien que pour toi, avec une présence professionnelle qui t’accompagne.

Offre-toi un espace où tu es le centre de l’attention, où l’autre te donne une présence 100% basée sur toi.

Offre-toi cet espace où tout s’accélère, est mis en lumière par quelqu’un que tu n’as pas embarqué avec les projections de tes délires égotiques. (Je me fais plus facilement avoir par l’ego d’un ami que d’un client 😀